Né en 1935

VALERIO ADAMI

Durant ses études à l’académie des Beaux-Arts de la Brera à Milan de 1951 à 1954 sous la direction d’Achille Funi, l’un des initiateurs du mouvement artistique du Novenceto, Valerio Adami se passionne pour les artistes de la Renaissance et s’initie à l’art mural. Dessiner des moulages antiques a marqué la mémoire de sa main et il aime à dire qu’il cherche par le dessin « les équivalents du passé simple, du présent et du futur ». Se réclamant de la tradition académique, il se réfère aussi à l’esthétique du chef de fil du néoclassicisme allemand, Raphaël Mengs (1728-1779). Dès 1963, Adami élabore son langage plastique. Il fusionne de façon magistrale les influences de l’imaginaire surréaliste de Wifredo Lam et de Roberto Matta à la nostalgie du Cubisme d’Alberto Magnelli et de Juan Gris dans des œuvres très graphiques marquées par des dislocations formelles. Paradoxalement la découverte de la fragmentation du dessin cubiste lui a permis de confirmer ses ambitions classiques par la description de l’objet dans une réalité physique complexe et simultanée. La fragmentation de l’espace, les effets de relief et de tridimensionnalité vont laisser la place à une ligne serpentine et sensuelle dans des suites de formes closes. Il joue sur les juxtapositions, les mélanges, la fusion des idées, des émotions, des impulsions avec toujours la ligne qui est le véritable paraphe de son esthétique. Cette ligne très accusée est le point de départ et la fin du dessin, elle signe son style, c’est son écriture. Ce cerné, ce trait contour, enserre aussi bien les événements historiques, les paysages, les portraits de célébrités et mène du réel au symbolique, à une sorte d’allégorie culturelle aussi bien que personnelle. Peintre de la vie moderne par excellence, acteur incontournable de la Figuration narrative, Adami étudie l’urbanité intime en même temps que collective. Il explore des endroits de passages, des lieux privés, certains confinés et feutrés, d’autres ouverts à l’aventure, des espaces où la notion du temps est exacerbée ou fugitive : salles de bain,
toilettes publiques, hall et chambres d’hôtel, vitrines de magasins, compartiments de
trains... Il propose un message philosophique sur la peinture et passe de vues au Chelsea Hôtel de New York dans les années 1960 à des commentaires sur l’actualité inspirés par la mythologie dans les années 2000, toujours scandés par des associations ambigües à la sexualité sous-jacente sorties de son inconscient. La surface du tableau est la page sur laquelle vont se nouer et se dénouer tous les récits mais les traces de notre monde réel, de cette vie contemporaine qu’il imprime sont faussement figuratives. Avec ses aplats de tonalités pures et sans ombres, c’est la couleur qui devient dessin, syllabes, mots. Son œuvre fascine car elle nous fait prendre conscience que cet univers de choses visibles dans lequel nous travaillons, nous habitons, nous voyageons, nous vivons, nous aimons... reflète aussi notre solitude, notre enfermement face à nous-même. A ses yeux, la peinture est affaire « de tissu moral » : il s’agit « d’éloigner les gens de l’intolérance, de coller à l’événement un espoir, une vérité, cette vocation vers le divin où se reconnaît cet autre tissu, mythologique, qui soutient une culture ». Dans la continuité de son compatriote Giorgio de Chirico, l’œuvre d’Adami est un voyage mental qui fait appel à la mémoire collective et culturelle. Il nous plonge dans un univers où la simple réalité se fait métaphysique quand chaque instant revécu à travers le filtre des souvenirs devient le déclencheur d’images nouvelles et éblouissantes. 
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Visuels


VALERIO ADAMI

Visitate le termopili , 1988

Acrylique sur toile

197 x 260 cm | 77.5 x 102.3 in.




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CATALOGUE D’EXPOSITION

VALERIO ADAMI, 2012


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